Language: French with biilngual preface in Engilsh and French
Volume 1 of Monographie des Leguminosae de France concludes this series, after publications of volumes 3, 4, and 2 in 2013, 2016, and 2020, respectively. This choice was made primarily to provide a general key to the Leguminosae of France, as the authors could only be certain of the exhaustive list of taxa included after finalising their analytical work.
This first volume, in three parts, is devoted to 1) non-papilionaceous legumes, primarily of tropical origin, whose classification has evolved considerably in recent years, leading to the postponement of the publication of this volume; 2) the predominantly tropical papilionaceous tribes, which are therefore poorly represented in the flora of France; and finally, 3) the tribe Loteae, in its modern sense.
Thus ends a project spanning more than twenty years, the first additions of which have already been published, with others to be released regularly. The final result has the merit of offering the French botanical community a snapshot of the knowledge of the family in France at the beginning of the 21st century, a knowledge base that will continually evolve, whether in taxonomic or chorological approaches. After these authors, others will refine this work, just as they have built upon the work of so many botanists since the mid-18th century and the birth of modern botany. The considerable work carried out by the Legume Phylogeny World Group (LPWG), synthesised in particular in three major publications in 2013, 2017, and 2024, has made it possible to restructure the family, classically divided into three subfamilies, one of which molecular biology quickly established was not monophyletic. It is therefore today that this enormous group, the third largest in the world's flora, should be treated as six subfamilies. In addition, the new subfamily Caesalpinioideae, in its current sense, has been restructured. One consequence of these developments is that one of the challenges of modern floristics lies more than ever in the search for synapomorphies, to link genetics and morphology; this is the central task of the modern botanist, who must retain their ability to make judgments. Genetics is the law, but it cannot determine everything. The example of the former genus Acacia, now divided into several genera themselves distributed among different tribes, is probably one of the most striking examples. The authors have obviously adopted this recent classification in this volume, as they have generally done throughout the monograph.
The tribe Loteae is also addressed in its modern sense, encompassing that of Coronilleae. Within this framework, the authors have chosen to treat the genera Anthyllis, Lotus, Coronilla, and even Hippocrepis in the broadest possible way, as this seemed the only approach guaranteeing their monophyly. The genera Hymenocarpus, Dorycnium, Tetragonolobus, Securigera, and Emerus are therefore not included.
The taxon Anthyllis vulneraria, among all the legumes of the French flora, is the one that has presented the most difficulties in establishing coherent taxonomic entities. The introgression of the few wild taxa by cultivated plants, themselves of poorly established original composition, makes the interpretation of numerous French populations virtually impossible, or at least inaccessible. The authors therefore modestly propose a treatment that does not fully satisfy them but which corresponds to their understanding of the subject. In general, they maintain in this volume the approach they adopted in previous volumes, namely, on the one hand, to treat species using a broad perspective, excluding varieties with low hardiness, and on the other hand, to systematically revise classical taxonomic approaches in light of the most recently published phylogenetic studies.
In the opening chapter, the authors have chosen to present a number of general facts about the Leguminosae family. While the central focus is the history of its classification, the latest developments of which are very recent (see above), they also wanted, as they have done in all the species entries, to include elements of pharmacognosy and toxicology. This family plays an important role in these two disciplines within the plant kingdom. Similarly, they have briefly listed the ethnobotanical uses of these plants, which are widely used by humans. Furthermore, iconography remains a point to which we attach great importance, and the digitised images of fresh plants will, hopefully, facilitate your identification work.
Summary in French:
Le dernier sera le premier. C’est bien par le tome 1 que se termine donc la publication de notre Monographie des Leguminosae de France, après les volumes 3, 4 et 2, respectivement en 2013, 2016 et 2020. C’est notamment pour pouvoir proposer une clé générale des Leguminosae de France que nous avons fait ce choix, n’étant certains de la liste exhaustive des taxons retenus qu’après avoir finalisé notre travail d’analyse.
Ce tome premier, en trois parties, est consacré 1) aux Légumineuses non papilionacées, essentiellement d’origine tropicale, dont la classification a considérablement évolué depuis quelques années et qui nous a amenés à décaler la publication de ce volume, mais aussi 2) aux tribus papilionacées majoritairement tropicales et donc peu représentées dans la flore de France et enfin 3) à celle des Loteae, dans son acception moderne.
Ainsi se termine un travail de plus de vingt ans, dont les premiers compléments sont déjà publiés mais dont d’autres seront émis régulièrement. Le résultat final a le mérite de proposer à la communauté botanique française une photographie de la connaissance de la famille en France en ce début de xxie siècle, dont nous savons qu’elle évoluera continuellement, que ce soit sur les approches taxonomiques ou chorologiques. Après nous d’autres affineront ce travail, comme nous avons repris ceux de tant de botanistes depuis le milieu du xviiie siècle et la naissance de la botanique moderne.
Le travail considérable réalisé par le Legume Phylogeny World Group (LPWG), synthétisé notamment dans trois publications majeures en 2013, 2017 et 2024, a permis de restructurer la famille, classiquement répartie en trois sous-familles, dont la biologie moléculaire a rapidement établi que l’une d’entre elles n’était pas monophylétique. C’est donc aujourd’hui en six sous-familles qu’il convient de traiter cet énorme ensemble, le troisième de la flore mondiale. En complément, la nouvelle sous-famille des Caesalpinioideae, dans son acception actuelle, vient tout juste d’être restructurée. Une des conséquences de ces évolutions est que l’un des enjeux de la floristique moderne consiste plus que jamais en la recherche de synapomorphies, pour faire le lien entre génétique et morphologie ; là est le travail central du botaniste moderne, qui doit conserver sa capacité d’arbitrage. La génétique fait loi, mais elle ne peut tout établir. L’exemple de l’ancien genre Acacia, éclaté en plusieurs genres eux-mêmes répartis dans des tribus différentes, en est probablement l’un des exemples les plus flagrants. Nous avons évidemment retenu cette classification récente dans ce volume, comme nous l’avons fait de façon générale dans l’ensemble de la monographie.
La tribu des Loteae est également approchée dans son acception moderne, englobant celle des Coronilleae. En son sein nous avons fait le choix de traiter les genres Anthyllis, Lotus, Coronilla et même Hippocrepis dans leur approche la plus large que possible, nous semblant la seule démarche leur garantissant une monophylie. Les genres Hymenocarpus, Dorycnium, Tetragonolobus, Securigera et Emerus ne sont donc pas retenus.
Le taxon Anthyllis vulneraria est quant à lui, parmi toutes les Légumineuses de la flore française, celui qui nous a posé le plus de difficultés pour établir des entités taxonomiques cohérentes. L’introgression des rares taxons sauvages par des plantes issues de culture, elles-mêmes de constitution originelle peu établie, rend l’interprétation de très nombreuses populations françaises quasiment impossible, en tout cas elle nous est inaccessible. Nous proposons donc modestement un traitement qui ne nous satisfait pas pleinement mais qui correspond à notre compréhension de celui-ci.
De façon générale, nous conservons dans ce volume la logique qui a été la nôtre dans les tomes précédents, soit d’une part de traiter les espèces dans une approche large, sans retenir les variétés de faible robustesse, et d’autre part de refondre systématiquement les approches taxonomiques classiques au regard des études phylogénétiques les plus récemment publiées.
Dans un chapitre initial, nous avons fait le choix de proposer un certain nombre de généralités sur la famille des Leguminosae. Si le point central est l’histoire de sa classification, dont les derniers rebondissements sont très récents (cf. supra), nous avons également souhaité, comme nous l’avons fait dans toutes les fiches espèces, proposer des éléments de pharmacognosie et de toxicologie. Cette famille joue en effet un rôle important dans ces deux disciplines au sein du règne végétal. De même, nous avons listé succinctement les usages ethnobotaniques de ces plantes, largement utilisées par l’Homme. L’iconographie reste par ailleurs un point auquel nous attachons une grande importance, et les images numérisées de plantes fraîches vous permettront, nous l’espérons, de faciliter votre travail d’identification.